Dans le cadre d’un projet éducatif national supervisé par le ministère de l’Éducation, visant à renforcer l’éducation aux droits humains et à la démocratie et à intégrer les notions de citoyenneté mondiale et d’éducation aux médias et à l’information dans le milieu scolaire, l’école Centre Maâlla a accueilli
Dans le cadre d’un projet éducatif national supervisé par le ministère de l’Éducation, visant à renforcer l’éducation aux droits humains et à la démocratie et à intégrer les notions de citoyenneté mondiale et d’éducation aux médias et à l’information dans le milieu scolaire, l’école Centre Maâlla, dans la région de Sfax, a accueilli une journée portes ouvertes éducative et culturelle. Celle-ci a été l’occasion de présenter une expérience scolaire remarquable, fondée sur la transformation de l’espace éducatif en un lieu vivant d’apprentissage, d’expression, de créativité et de travail collectif.
Mme Salwa Ben Mohamed, inspectrice de français des écoles primaires de la circonscription de Sfax 4, a souligné que cette activité s’inscrit dans une vision éducative plus large, qui part du projet national, passe par le projet régional, puis celui de la circonscription éducative, pour arriver au projet de l’école et de la classe. Tous ces niveaux ont conjugué leurs efforts dans le cadre d’un travail coordonné afin de réussir cette initiative et d’ancrer chez les élèves les compétences liées à la citoyenneté mondiale et à l’éducation aux médias et à l’information. Parmi les principales composantes de ce projet figure la création d’une radio scolaire baptisée « Radio Ara », un nom inspiré du perroquet. Toutefois, comme l’a expliqué Mme Salwa Ben Mohamed, l’idée ne consiste pas à répéter mécaniquement des paroles, mais à réinvestir la symbolique de la répétition au service de l’apprentissage. À travers le travail radiophonique, l’enfant apprend à rechercher l’information, à la sélectionner, à la formuler, à l’énoncer, à la réviser, puis à la présenter avec assurance devant les autres.
Dans ce contexte, la radio scolaire est devenue un véritable outil pédagogique qui aide l’élève à développer ses capacités linguistiques et de communication. Parler au microphone ne consiste pas seulement à prononcer des mots : cela exige aussi de maîtriser sa respiration, son rythme, son articulation, son ton de voix et sa manière de transmettre le sens. Selon les responsables du projet, ces compétences contribuent à soutenir l’apprentissage du français, mais aussi de l’arabe, de l’anglais et des autres langues enseignées à l’école publique tunisienne.
Cette expérience a montré que changer le cadre d’apprentissage peut libérer l’enfant de la peur et de l’hésitation. Au lieu de se limiter à une situation traditionnelle où l’élève est assis face au tableau et appelé à répéter des phrases toutes faites, l’espace radiophonique lui offre davantage de possibilités pour s’exprimer, interagir et prendre des initiatives. L’apprentissage devient ainsi plus vivant et davantage lié à l’action et à la pratique.
La journée portes ouvertes ne s’est pas limitée à la radio scolaire. Elle a également comporté plusieurs ateliers éducatifs et culturels, dont un atelier d’archivage qui a initié les élèves à la recherche, à la conservation, à l’organisation et à la diffusion de l’information. Des ateliers sur la culture alimentaire, l’hygiène, la diversité culturelle et le vivre-ensemble ont également été organisés, ainsi que des représentations artistiques, théâtrales et poétiques présentées par les élèves, dans un cadre alliant plaisir et apprentissage. Mme Salwa Ben Mohamed a également insisté sur l’importance de l’art pour améliorer le comportement à l’école et développer la personnalité de l’enfant. Elle estime que les activités artistiques peuvent atténuer les manifestations de violence dès le plus jeune âge, en apprenant à l’enfant à se tenir devant un public, à respecter ses camarades, à attendre son tour, à travailler en groupe et à s’exprimer de manière positive.
Ce projet est le fruit d’un travail participatif qui a nécessité près de 4 mois de préparation, avec la participation du personnel éducatif et administratif et en collaboration avec le commissariat régional de l’éducation de Sfax 2, la direction de l’école et plusieurs enseignants. Dans ce contexte, le rôle de l’enseignante Inès Chebchoub Sassi s’est particulièrement distingué : elle a contribué avec dynamisme et un grand engagement à la réussite du projet, aux côtés du directeur de l’école, M. Mohamed Amine Dhouib, qui a soutenu l’initiative et contribué à réunir les conditions nécessaires à sa réussite.
Cette journée portes ouvertes porte un message éducatif clair : l’école n’est pas seulement un lieu où l’on transmet des leçons, mais aussi un espace où se forme le citoyen, où se développe l’esprit d’initiative et où s’ancrent les valeurs de tolérance, de respect de la différence, de dialogue, de communication et de travail collectif. L’éducation à la citoyenneté mondiale ne concerne pas un élève ou un pays en particulier : elle est liée à des valeurs humaines communes fondées sur les droits, la dignité, la responsabilité et l’ouverture à l’autre.
Entre la radio, les ateliers, les représentations artistiques et le travail collectif, cette expérience a réussi à présenter un modèle vivant d’école qui bouge, crée et fait de l’enfant un acteur plutôt qu’un simple récepteur. Une expérience qui confirme que la réforme de l’enseignement ne commence pas toujours par de grandes décisions, mais peut naître d’une idée simple, d’un enseignant qui croit en sa mission et d’un enfant à qui l’on donne l’occasion de prendre la parole devant le monde.






